Si vous me demandez à quelle heure réserver votre séance, je vous répondrai presque toujours la même chose : à la fin de la journée. Pas par habitude — parce que pendant cette heure-là, la lumière fait un travail que je ne saurais reproduire autrement.
On l'appelle la golden hour, ou heure dorée. C'est la dernière heure avant le coucher du soleil, quand la lumière arrive de côté, traverse plus d'atmosphère et se charge de cuivre. En Alsace, entre les champs du Kochersberg, les vignes et les collines du Bastberg, elle fait des merveilles — et c'est autour d'elle que je construis la quasi-totalité de mes séances en extérieur.
Séance couple en fin de journée · Lutzelbourg · © mArgot Photographie
La golden hour, c'est quoi exactement ?
Quand le soleil est haut, à midi, sa lumière tombe à la verticale. Elle est dure, blanche, elle creuse des cernes sous les yeux et fait plisser tout le monde. C'est la pire lumière possible pour un portrait, et c'est aussi l'heure à laquelle on pense spontanément à faire des photos.
En fin de journée, le soleil passe bas sur l'horizon. Sa lumière traverse alors une épaisseur d'atmosphère beaucoup plus importante : les bleus sont filtrés, les tons chauds passent. Elle devient rasante, douce et dorée — et surtout, elle arrive de côté plutôt que d'en haut, ce qui change complètement le modelé d'un visage.
Ce que cette lumière change sur vos photos
Des teints apaisés
La lumière rasante ne creuse plus les traits, elle les enveloppe. Les ombres sous les yeux et le nez disparaissent, la peau prend une teinte chaude et régulière. Personne ne plisse les yeux : on peut enfin vous regarder de face, détendus, sans lutter contre le soleil.
Des couleurs qui réchauffent tout
Un champ de colza devient franchement or, une robe blanche prend des nuances miel, la sauge violette du Bas-Rhin tire vers le rose. C'est cette palette-là qui donne aux images cette impression de souvenir plutôt que de photo — quelque chose de doux, d'un peu nostalgique.
Un contre-jour qui dessine
C'est mon outil préféré. En me plaçant face au soleil, je peux le laisser passer derrière vous : il dessine un liseré lumineux dans les cheveux, sur une épaule, sur le contour d'un ventre arrondi. Il détache les silhouettes du décor, et il attrape la poussière ou les épis en suspension dans l'air. Ces images-là ne sont possibles qu'à cette heure.
À quelle heure, selon la saison en Alsace
C'est la question qui revient le plus souvent, et la réponse bouge énormément au fil de l'année : entre décembre et juin, le coucher du soleil se décale de près de cinq heures. Voici les créneaux que je propose habituellement dans le Bas-Rhin — à affiner ensemble, car ils évoluent de semaine en semaine.
Vos créneaux golden hour · Bas-Rhin (indicatif)
- Décembre — janvier — coucher vers 16h30-17h00 · séance à partir de 15h30. La fenêtre est courte mais la lumière est magnifique, très basse toute l'après-midi.
- Février — mars — coucher vers 17h45-19h00 · séance à partir de 16h45.
- Avril — mai — coucher vers 20h30-21h15 · séance à partir de 19h30. La saison du colza et des arbres en fleurs.
- Juin — juillet — coucher vers 21h00-21h35 · séance à partir de 20h00. Les jours les plus longs, idéal pour les couples.
- Août — septembre — coucher vers 19h30-21h00 · séance à partir de 18h45. Tournesols, champs moissonnés, début des vendanges.
- Octobre — novembre — coucher vers 17h00-18h30 · séance à partir de 16h00. Attention au changement d'heure fin octobre, qui avance tout d'un coup.
Je vous confirme toujours l'horaire exact quelques jours avant, en fonction de la date précise et du lieu retenu — un fond de vallée à Lutzelbourg perd le soleil bien plus tôt qu'une colline dégagée du Kochersberg.
Comment je construis une séance autour de cette lumière
Je ne vous donne jamais rendez-vous pile à l'heure dorée. J'arrive en avance, et on commence à travailler avant que la lumière soit à son meilleur — parce qu'il faut ces vingt premières minutes pour que vous oubliiez l'appareil. On marche, on parle, je vous fais faire des choses simples plutôt que de vous demander de poser.
Quand la lumière descend vraiment, vous êtes déjà à l'aise, et je peux enchaîner les cadrages que j'avais repérés en arrivant. Les images les plus fortes d'une séance sont presque toujours celles des vingt dernières minutes — c'est aussi pour ça que je préfère largement une séance en semaine à 20h qu'un dimanche à 15h.
Fin de journée dans les tournesols · Bas-Rhin · © mArgot Photographie
L'heure bleue, le bonus qu'on oublie
Beaucoup de photographes rangent leur appareil dès que le soleil a disparu. C'est dommage : les vingt minutes qui suivent — l'heure bleue — offrent une lumière totalement différente, froide, très douce, presque irréelle. Le ciel garde encore du rose à l'ouest pendant que tout le reste bascule dans le bleu.
Si vous êtes encore motivés à ce moment-là, je propose souvent de rester un peu. Ce sont généralement les images les plus intimes de la séance, celles où il n'y a plus que vous deux et presque plus de décor.
Quand la golden hour n'est pas la bonne idée
Par honnêteté : ce n'est pas une règle absolue, et il y a des cas où je vous conseillerai autre chose.
Avec de jeunes enfants ou un nouveau-né, une séance à 20h30 en juin n'a aucun sens — elle tombe après le coucher, et un enfant fatigué ne donnera jamais de belles images. Dans ce cas je privilégie le milieu de matinée, à l'ombre d'une lisière ou en intérieur près d'une grande fenêtre. Par ciel couvert, la question ne se pose plus : les nuages diffusent la lumière toute la journée et on peut photographier à n'importe quelle heure, avec des teints très réguliers. On perd le contre-jour doré, on gagne en douceur — et franchement, un ciel voilé est une excellente nouvelle pour un portrait.
Enfin, pour un mariage, l'horaire n'est pas négociable : il suit votre journée. C'est pourquoi je regarde toujours l'heure du coucher du soleil en construisant le déroulé avec vous, pour réserver dix ou quinze minutes en couple au bon moment — juste avant le repas, le temps d'aller chercher cette lumière-là.
Ce que je vous conseille de prévoir
Trois choses très concrètes. Arrivez à l'heure — c'est le seul rendez-vous où dix minutes de retard coûtent vraiment quelque chose, parce que le soleil ne nous attend pas. Prenez une couche de plus que ce que la journée laisse penser : dès que le soleil passe derrière l'horizon, la température chute vite, surtout en bord de forêt ou à l'automne. Et choisissez des matières claires et souples, qui attrapent bien la lumière rasante : le lin, la mousseline, les tons crème, sauge, terracotta fonctionnent superbement avec cette palette. J'évite les logos et les couleurs très saturées, qui tirent l'œil hors du visage.
Pour le reste, on en parle avant. Je prends toujours le temps d'un échange pour comprendre ce qui vous ressemble, choisir le lieu ensemble et caler l'horaire au plus juste — vous pouvez voir mes formules de séance ou simplement me raconter votre projet.
Les questions que vous me posez
Combien de temps dure vraiment la golden hour ?
En Alsace, comptez environ une heure avant le coucher du soleil. En été elle s'étire et reste douce longtemps ; en décembre, la fenêtre vraiment belle se réduit à trente ou quarante minutes. C'est pour cela que je préfère arriver en avance et commencer avant que la lumière soit parfaite.
Et si le ciel est couvert le jour de la séance ?
C'est une bonne nouvelle plutôt qu'un problème : les nuages diffusent la lumière et donnent des teints très réguliers, sans ombres dures. On perd le contre-jour cuivré, on gagne en douceur. Je ne reporte une séance que par pluie soutenue ou vent fort.
La golden hour est-elle adaptée aux enfants et aux nouveau-nés ?
Pas toujours. En été, elle tombe après 20h, bien après le coucher des tout-petits. Avec de jeunes enfants ou un nouveau-né, je privilégie le milieu de matinée, à l'ombre ou en intérieur près d'une fenêtre. Un enfant reposé donne de meilleures photos qu'une belle lumière.
Faut-il prévoir plus de temps pour une séance à la golden hour ?
Je prévois entre une heure et une heure trente sur place, dont une bonne partie avant le coucher du soleil. On commence par des images plus classiques le temps que la lumière descende, puis on garde les plus beaux cadrages pour les vingt dernières minutes.





